SOS PETITS PORTEURS
Communiqué du 04/10/07
EADS: ARTICLE DE FRANCE24
Dans un article daté du 4 octobre au sujet de l'affaire EADS, France 24 cite le communiqué de SOS Petits Porteurs:
« Le
groupe EADS est impliqué dans une affaire de délit d’initiés
massif. Une enquête a été ouverte pour mesurer l’impact
de ces fraudes. Quels seront les implications du scandale si les délits
d’initiés du leader aéronautique européen se confirment
?
A l’heure où EADS fait face à de nombreux problèmes,
dont une restructuration très controversée, ce nouveau scandale
ne fait rien pour arranger une situation déjà délicate.
Dans un article publié dans "Le Figaro" du mercredi 3 octobre,
on apprend que l’Autorité de marchés financiers (organisme
de contrôle des échanges boursiers) a transmis une note au parquet
de Paris, dans laquelle l’AMF accuse les dirigeants d’EADS d’avoir
commis un délit d’initié massif, évitant ainsi une
perte de 90 millions d’euros.
Parmi les actionnaires impliqués, le groupe Français Lagardère
et l’allemand Daimler Chrysler figurent en tête de liste. Conscients
des difficultés de l’Airbus A380, ils sont accusés d’avoir
revendu leurs actions entre novembre 2005 et mars 2006 avant que le cours ne
s’effondre.
Ce n’est que le 13 juin 2006 que le groupe européen annonce des
résultats à la baisse, entraînant une réponse brutale
des marchés. La valeur du titre chute de près de 50% par rapport
au mois d’avril, et reste encore aujourd’hui loin de sa valeur de
début 2005.
Directement incriminés, Arnaud Lagardère et Manfred Bischoff,
membres du directoire d’EADS, ainsi que Thomas Enders et Noël Forgeard,
les deux codirecteurs généraux du groupe.
Arnaud Lagardère avait déjà été interrogé
par l’AMF le 29 mai 2007 concernant ce même soupçon de délit
d’initié. Quelques semaines plus tard il déclarait dans
"Le Monde" : « J'ai le choix entre passer pour quelqu'un de
malhonnête ou d'incompétent, qui ne sait pas ce qui se passe dans
ses usines. J'assume cette deuxième version. » Après le
fiasco de l’A380, il se pourrait bien qu’il soit les deux.
Mais la liste des personnes éclaboussées par ce scandale ne s’arrête
pas là. Le Figaro révèle que Thierry Breton, le ministre
des Finances de l’époque, avait été instruit des
difficultés à venir d’EADS et incité à céder
une partie de la participation de l’Etat.
Interrogé mercredi soir par téléphone par notre chroniqueur
économique Raphaël Kahane, Thierry Breton a confirmé bien
avoir reçu en janvier 2006 une note l’invitant à «
examiner l'opportunité de céder une partie des actions de l'Etat
». Et d’ajouter : « Je n'ai pas suivi la recommandation de
mes services et l'Etat n'a cédé aucun titre ». Lors de cet
entretien, l’ancien patron de Bercy à également précisé
que « cette note ne faisait nullement état d'information nouvelle
concernant les retards de l'A 380. Je suis absolument formel sur ce point. »
L’Etat, second actionnaire du groupe après DaimlerCrysler avec
une participation de 15%, n’aurait donc pas revendu d’actions.
Un scandale qui interpelle également outre-Atlantique. Carol Matlack,
rédactrice en chef à Paris de l’hebdomadaire américain
« BusinessWeek » rappelle qu’il s’agit d’ «
EADS, la plus grosse compagnie aéronautique européenne et dont
la filiale Airbus est en compétition directe avec Boeing ».
En plus des principaux actionnaires, 1 200 personnes sont touchées par
l’affaire. Mais dans l’optique d’accélérer l’enquête
l’AMF a décidé de se concentrer sur les 21 principaux dirigeants
de l’époque.
Contactés par "Le Figaro", certains de hauts dirigeants ont
accepté de réagir sous couvert d’anonymat (édition
du jeudi 4 octobre). Tous mettent en cause la direction financière d’EADS
de l’époque. Un autre point de convergence de ces témoignages
dénonce une déficience de communication importante entre Airbus,
qui essayait de régler les problèmes de l’A380 « dans
son coin », et la maison mère.
Un haut dirigeant estime dans les lignes du quotidien que la direction financière
du groupe aurait dû bloquer toutes les demandes de cessions de titre dès
septembre 2005.
Les premiers touchés par cette affaire sont les petits porteurs qui ont
vu leur épargne se faire amputer. Contacté par téléphone
par France 24.com, Jean-Claude Delarue, secrétaire général
de l’association SOS petits porteurs, revendique « l’indemnisation
des victimes » et une « action plus forte du gouvernement »
qui dispose selon lui de suffisamment de moyens de pression auprès des
établissements financiers. Dans un communiqué publié sur
son site, l’association demande au « président de la République
de convoquer sans tarder un "GRENELLE DE L'ÉPARGNE" dont le
but premier sera de définir les modalités d'indemnisation de tous
ceux qui ont été spoliés […] ».
Actuellement, les personnes soupçonnées risquent une peine d’emprisonnement
pouvant aller jusqu’à 2 ans et plusieurs millions d’euros
d’amende.»
(source France 24)