SOS PETITS PORTEURS
Depuis un an, SOS Petits Porteurs a axé sa campagne sur le thème du mauvais conseil donné par des banques et des assurances au épargnant qu'ils avaient envoyés au "casse-pip boursier".
D'autres questions se posent: par exemple, pourquoi certains produits financiers ont-ils beaucoup baissé avec la chute des cours boursiers - ça, on comprend - mais aussi beaucoup moins remonté depuis la reprise. Or, de mars à fin octobre, le CAC 40 a quand même progressé de 40%!
Autre sujet de perplexité. Les placements multi-supports qui comprennent non seulement des actions, mais aussi des obligations et des "monétaires", deux types de produits qui rapportent des intérêts. Pourquoi faut-il alors, certains épargnants nous le disent, que ces intérêts ne soient aparemment pas versés et qu'on "tape dans le capital" pour servir une rente trimestrielle?
Le "Monde" du 4 novembre cite une fois de plus le procureur de l'Etat de New-York, Eliot Spitzer, qui continue à faire le travail que la COB américaine, la SEC (Securities Exchange Commission) ne fait pas. En cause, les dérives de certains gestionnaires de fonds.
"Les enquêteurs ont découvert, écrit Eric Leser, que des gérants autorisaient des clients importants à vendre ou à acheter des parts de fonds après la clôture des transactions afin de leur permettre de réaliser de bonnes opérations - totalement illégales. Certains gestionnaires et dirigeants de fonds utilisaient un autre système, dit "market timing", pour s'enrichir au détriment des épargnants. Il consistait à vendre ou à acheter des parts de fonds avant que les dernières variations de cours de Bourse se reflètent dans leur valeur".
Par ailleurs, des poursuites ont été engagées par la SEC et l'Etat du Massachusetts contre deux anciens gérants du groupe Putnam, 5e gestionnaire de fonds aux Etats-Unis. Ils auraient gagné des centaines de milliers de dollars "en multipliant les transactions à court terme avec les fonds qu'il géraient".
Question: davant la mollesse du Ministre Francis Mer, qui trouve que tout va bien, et des administrations censées protéger les intérêts des épargnants, un procureur français va-t-il s'intéresser aux pratiques de certains établissements financiers et gestionnaires de fonds?
Mais peut-être les financiers français sont-ils tous, à la différence des américains, des modèles de vertu?