CONCERTATION
AVEC LA POSTE :
"ASSEZ BIEN, PEUT MIEUX FAIRE"
La concertation engagée
par La Poste avec SOS Petits Porteurs et l'Association d'Aide Contre les Abus
Bancaires progresse à allure réduite.
Jean-Claude Delarue a ainsi rencontré des responsables de La Poste
pendant deux heures le 28 avril. Plus de 300 dossiers de clients qui ont perdu
de l'argent avec des placements de La Poste ont été adressés
par SOS Petits Porteurs.
Le 28 avril, 106 dossiers avaient été traités : 65 réponses
négatives, 41 remboursements du capital perdu.
Nous avons bien entendu insisté avec fermeté pour que La Poste
accélère la procédure.
Cela dit, deux problèmes se posent :
1. La Direction générale de La Poste refuse de réexaminer
les dossiers soumis au Médiateur de La Poste. Seul le Président,
Jean-Paul Bailly, a paraît-il le droit de réviser les décisions
de ce Médiateur. Nous avons demandé qu'un contact soit établi
avec les services de J.-P. Bailly.
2. Nous n'avons pas jusqu'à présent d'informations sur les dossiers
transmis par SOS Petits Porteurs, mais qui avaient précédemment
été présentés par un autre intermédiaire
: autre association, député, sénateur, avocat, etc.
Quelques adhérents de notre association qui sont dans ce cas nous ont
aimablement informés qu'ils avaient été remboursés.
Mais combien au total l'ont été ?
Remarques complémentaires :
- La Poste soutient que la concertation engagée en septembre 2003 ne
concernait que le seul placement Bénéfic. Or ce point n'a pas
été évoqué à l'époque, mais pour
La Poste, "cela allait de soi" car "on ne parlait à
l'époque que de Bénéfic dans la presse".
Résultat : les dossiers autres que Bénéfic ne sont pas
traités par la "plate-forme Bénéfic" créée
par La Poste et au moins un adhérent qui a obtenu gain de cause indique
qu'il n'a été remboursé que des pertes subies sur ce
placement et non sur les autres.
Nous refusons que les autres dossiers soient examinés seulement par
le bureau de Poste local. Croit-on vraiment que le directeur local va accepter
de désavouer le conseiller financier placé sous sa responsabilité
? Nous voulons une discussion sur ces dossiers au niveau national et, pour
commencer, nous demandons la liste de nos adhérents dont les dossiers
ont été examinés et refusés pour cause de "non-Bénéfic".
Sur ce point comme sur les autres, nous sommes en contact étroit avec
l'AACAB de Jean-Jacques Defaix qui, de son côté, a assigné
La Poste à propos de plusieurs dossiers. Des initiatives communes sont
en cours, notamment dans l'Est de la France avec notre ami Eberlin, du Haut-Rhin.
- La Poste a accepté de régler des dossiers qui, pour la plupart,
répondent à des critères précis : licenciement
après rupture d'anévrisme et économies sur livret A reportées
sur Bénéfic, épargne de "toute une vie professionnelle"
passée elle aussi d'un livret sur des produits à risque de La
Poste, économies retirées d'un livret A par un grand-père
pour aider ses petits-enfants vivant dans une situation de grande précarité,
jeune demandeur d'emploi radié des ASSEDIC après un accident,
très vieille dame très mal voyante au moment de la signature
du contrat sur lequel on lui a fait placer "la quasi-totalité
des économies de toute une vie de travail", etc.
Pour les dossiers refusés, un argument revient très souvent
: la faible proportion des produits Bénéfic par rapport aux
placements détenus à La Poste ou ailleurs. L'origine des sommes
joue aussi apparemment un certain rôle : un héritage n'aurait
pas la même "valeur" que les économies d'une vie de
travail ou des indemnités de licenciement. A revoir.
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Enfin, La
Poste maintient que le produit Bénéfic était un bon produit,
dans la mesure où il prévoyait un "parachute" de 23
%. Il semble que La Poste ait envisagé en 1999 une baisse possible de
la Bourse, mais une baisse limitée qui aurait permis aux clients de conserver
leur capital.
Même si on accepte cette explication, celle-ci rend encore plus urgent
le traitement des dossiers comprenant d'autres produits financiers qui n'étaient
pas dotés de ce "parachute" et ont perdu plus que 37 % de leur
valeur.