EPARGNANTS DE LA POSTE DU CAMEROUN :
L'ACTION COMMENCE A PAYER
Notre ami Lazare Roland
Mendzana Mendzana, président du comité de crise des épargnants
de la Poste du Cameroun, continue à nous tenir au courant et à
nous adresser des articles de la presse camerounaise.
L'ACTION du 30 avril titre ainsi :
"CAMPOST
LES EPARGNANTS PASSENT A LA CAISSE
- Le paiement des épargnes effectif depuis hier à Yaoundé
- L'opération s'étendra au reste du pays ce matin
- Les petits épargnants privilégiés"
Une semaine plus tôt, le chef de l'Etat, Paul Biya, publiait un décret
mettant fin aux activités de la SONAPOSTE (Société Nationale
des Postes du Cameroun), de la CEP (Caisse d'Epargne Postale) et des CCP.
Le tout est regroupé dans la CAMPOST, Cameroun Postal Services.
LE PROGRES du 28 mai ajoute qu'ont été "débarqués"
le DG de la SONAPOSTE, Guillaume Edjangue, "ancien bagnard et homme à
tout faire de l'ex-ministre Paul Maximin Nkoué Mongo" et aussi
ce dernier.
LE MONTAGNARD du 29 mai démonte le mécanisme qui a mené
à la crise financière de la Poste sous le titre : "Réseau
Postal : voici COMMENT ILS ONT PILLE". Il précise :
"Le Président [de la République] a donc enfin réagi
pour redonner quelque sérénité aux usagers du réseau
financier postal. Un réseau que des individus sans foi ni loi ont saccagé
impunément pendant quelques années. En créant une CAMPOST
unique, en limogeant les anciens dirigeants, Popaul [= M. Paul Biya, chef
de l'Etat] a immédiatement mis à la disposition du nouveau D.G.
des ressources nécessaires à la reconquête des clients.
Seulement, la purge qui s'est abattue sur les PTT a épargné
certains coupables pendant qu'elle emportait le seul innocent de cette saga
: LAIBE WAPI Francis, ancien D.G. de la Caisse d'Epargne Postale, apparaît
aujourd'hui comme un véritable martyr dans l'assainissement du réseau
postal."
Pour le quotidien MUTATIONS du 9 juin 2004, la satisfaction doit être
nuancée. "Plus d'une semaine après les travaux de la deuxième
session ordinaire du conseil d'administration de la Cameroun Postal Services
(Camposts), des files d'attente des clients restent très visibles devant
les différentes agences de cet établissement postal à
Yaoundé. Globalement, la situation d'avant le conseil d'administration
du 1er juin dernier, est quasiment restée la même. Les espèces
sonnantes et trébuchantes sont payées au lance-pierre. Du coup,
les espoirs placés en l'éventualité d'une véritable
relance des activités du secteur de la poste au Cameroun… s'évanouissent."
Conclusion provisoire : la révolte des épargnants de la Poste
commence à faire bouger les autorités, mais la victoire est
loin d'être acquise.