ARNAQUE
DANS L’ARMEE AMERICAINE :
les conseillers financiers des assurances ciblent la « bleusaille ».
Bien intéressant
article dans le quotidien « The International Herald Tribune » en
date du 21 juillet 2004 (page 4).
Quand on fait ses « classes », dans toutes les armées du
monde, on apprend d’abord deux choses : se mettre au garde à vous,
et se faire « engueuler ».
Dans l’armée américaine, on apprend aussi à obéir
aux conseillers financiers des sociétés d’assurances.
C’est ce qui est arrivé à la jeune recrue Nicholas Stachler,
de l’Ohio. Tout juste sorti du lycée, son expérience professionnelle
était assez courte – petits boulots : baby-sitting et passer la
tondeuse à gazon sur la pelouse de ses voisins – il n’avait
pas encore eu assez de dollars pour ouvrir un compte en banque.
Entre deux séances de « pompes » et, on imagine, de récurage
des toilettes de la caserne avec une brosse à dents, il a été
convoqué à une séance obligatoire d’information sur
les produits financiers d’une société d’assurances.
Résultat : le voilà titulaire d’un contrat qui lui coûte
100 dollars par mois et promet à sa famille 44.000 dollars s’il
est tué en Irak, alors que l’assurance militaire lui coûte
16,25 dollars par mois et rapportera à ses parents, le plus tard possible
on l’espère, 250.000 dollars s’il saute sur une mine.
La cerise sur le gâteau : de retour d’Irak, il a réussi à
sauver sa peau, il s’aperçoit qu’il a quasiment perdu son
capital.
L’affaire fait scandale. Un autre placement financier vendu dans les casernes
avec la bénédiction des autorités militaires – dont
le général Anthony Zinni, ancien commandant en chef du «
Central Command » - se contente modestement de prélever 50 % de
commissions sur les versements la première année. Des «
marines » de Camp Pendleton, en Californie – le « dressage
» des recrues y est particulièrement réussi – se sont
retrouvés avec des contrats d’assurance d’une durée
de 20 ans et qui leur coûte… 14 fois plus cher que l’assurance
fournie par l’armée !
Un rêve pour les banquiers et les assureurs français : pourquoi
ne pas rétablir le service militaire et remplacer les sergents par des
conseillers financiers ?