Dans son "magazine de l'Union" du mois de mai, l'UMP titre "mai 2007-mai 2008: Un an de réformes, un an de promesses tenues".
En voilà déjà une qui n'a pas été tenue: la promesse faite le 11 avril 2007 aux petits porteurs.

Alerté sur le sort des centaines de milliers de petits épargnants qui ont été envoyés au casse-pipe boursier lors du krach débuté en 2000, M. Sarkozy, alors candidat à l'élection présidentielle, avait annoncé dans une lettre adressée à SOS Petits Porteurs(1) :

"concernant plus spécifiquement la situation des petits porteurs que vous représentez, je veux vous assurer que, si je suis élu Président de la République, je ferai examiner en priorité ce cas précis et vous associerai, ainsi que l’ensemble des associations intéressées, à cette réflexion".

Aujourd'hui SOS Petits Porteurs attend toujours cette "réflexion" qui n'a jamais eu lieu.

Rappelons que, malgré une hausse significative des plaintes d'épargnants lésés par les banques, assurances et autres prestataires de service d'investissement, le gouvernement n'a accordé jusqu'à présent que très peu d'importance à la situation des petits porteurs qui ont perdu une partie de leur capital entre 2000 et aujourd'hui.

Les pouvoirs publics semblent vouloir minimiser le problème. Pourtant il apparaît que la chute des marchés boursiers depuis les années 2000 a eu un impact important sur un certain nombre de ménages(2), notamment chez ceux qui avaient placé une grande partie de leurs économies sur des produits à risque.

Pire, alors que SOS Petits porteurs dénonce un certain nombre d'anomalies depuis plusieurs années (voir ainsi l'ensemble de nos communiqués sur notre site Internet), entre autres, concernant les méthodes de vente de produits boursiers auprès des particuliers; il apparaît que la législation a encouragé les investissements en Bourse, notamment, sur les assurances-vie en unités de compte.
Ainsi, en 2005, l’amendement Fourgous a, par exemple, facilité de transfert des assurances-vie en euros (placements sécurisés) vers des assurances-vie en unités de compte (placements à risque). Le nombre d'assurances-vie investies sur des placements boursiers est ainsi passé de 20 à plus de 30% du total des flux de souscription entre 2000 et 2006, juste avant que la Bourse ne dégringole une nouvelle fois!

Avec la chute des marchés financiers depuis 2007, nous assistons à nouveau à une augmentation des plaintes de personnes qui avaient placé leur argent sur des assurances-vie en pensant qu'il s'agissait d'un placement sûr.
Ces anomalies constatées par les associations mériteraient une explication de la part des pouvoirs publics. Or ces derniers font la sourde oreille.

Les plaintes récentes montrent que la situation des petits porteurs et les pratiques des prestataires de service d'investissement n'ont pas beaucoup changé depuis 2000.

M. Sarkozy, il est temps que vous teniez votre promesse!

(1). Voir lettre complète. Nicolas Sarkozy n'était pas le seul candidat à avoir répondu à SOS Petits Porteurs. Mme Ségolène Royal avait adressé à l'association un courrier en date du 17 avril 2007.

(2) Nous estimons plusieurs centaines de milliers de ménages concernés. Il s'agit pour la plupart de personnes qui ont souscrit à des OPCVM (FCP, Sicav) ou à des assurances-vie en unités de compte. Il est difficile d'évaluer exactement le nombre étant donné qu'aucune étude n'existe à ce jour. D'après les éléments dont nous disposons au sein des associations de consommateurs, les victimes des placements boursiers ont le profil suivant:
— Ils sont plutôt des néophytes ;
— ils disent avoir été mal conseillés par les établissements financiers ;
— leur profil de victime est du surtout au fait qu’ils ont investi une grande partie de leur capital sur des valeurs à risques et qu’ils se sont donc retrouvés avec des pertes importantes par rapport à leur situation financière ;
— Les placements souscrits, qui leur ont fait perdre de l’argent, sont la plupart du temps des OPCVM actions, adossés à des valeurs technologiques ;
— Ils n’étaient pas tous conscients des risques, notamment lorsqu’ils souscrivaient à une assurance-vie en unités de compte ;


Les objectifs de la souscription étaient variés en fonction de l’âge et de la situation professionnelle. Retenons les caractéristiques suivantes qui reviennent fréquemment :
— Pour les retraités ou futurs retraités, les placements souscrits avaient pour but de faire fructifier des actifs financiers en vue d’un complément de retraite ;
— Pour les plus jeunes, les objectifs de rendement annoncés par les brochures publicitaires des OPCVM leur ont fait espérer un gain rapide qui leur permettrait de faire une acquisition, généralement d’un bien immobilier . C’est ainsi que, en même temps qu’ils souscrivaient au placement, ils prenaient un crédit auprès d’une banque. Lorsque le prestataire qui vendait le placement était un établissement bancaire, il était fréquent que le client prenne un crédit dans le même établissement. Ce qui peut être considéré, selon les cas, comme un défaut de conseil de la banque.