L'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de publier son expertise sur les dangers de l'addiction au jeu. Ce rapport montre les conséquences sociales du jeu excessif (paupérisation, surendettement, problèmes familiaux…) et préconise un plan national d'action contre le phénomène dont "des conditions d'auto-limitation et d'auto-interdiction [pour les jeux], y compris ceux en ligne".
SOS Petits porteur cherche à sensibiliser, depuis plusieurs années, les pouvoirs publics au phénomène du boursicotage en ligne, lequel s'apparente de plus en plus, dans certaines situations, à une forme de jeu. Avec le développement d'Internet et la vulgarisation de produits financiers permettant de jouer à la hausse ou à la baisse sur les cours des marchés boursiers, dans beaucoup de cas, le comportement de certains petits porteurs est identique à celui du joueur.
Lorsqu'il y a addiction, les conséquences peuvent alors être désastreuses pour ces personnes et leur famille. SOS Petits porteurs a déjà été contacté plusieurs fois par des individus qui avaient développé cette pathologie propre aux joueurs.
Conscients de leur état pathologique, certains boursicoteurs ont même demandé au prestataire de services d'investissement (PSI) auprès duquel ils avaient ouvert un compte de le clôturer. Problème: pour les PSI, l'achat et la vente d'actions en ligne par ces clients est lucrative et il n'est pas toujours très facile pour le petit porteur de clôturer son compte. Il arrive, par exemple, que le client souhaitant arrêter de boursicoter soit relancé par le PSI.
Il faut ainsi, pour le joueur, une très grande volonté pour arrêter, ce qu'il n'a pas forcément, son état étant celui d'une personne vulnérable.
Contrairement aux joueurs de casino, les institutions ne reconnaissent pas aujourd'hui la pathologie dont souffrent certains boursicoteurs-joueurs.
SOS Petits Porteurs demande que le phénomène d'addiction au jeu boursier soit reconnu et que les personnes atteintes par cette pathologie puissent la déclarer officiellement. Cela leur permettrait de mieux se protéger d'eux-mêmes, notamment grâce à un suivi psychologique, et de les protéger également des dérives de certains PSI qui encouragent le boursicotage excessif.