C'est la proposition faite à Davos par un ancien régulateur de Singapour, devenu vice-président de la "Government of Singapore Investment corporation", Tony Tan Keng Yam. Il part d'une idée simple: les banquiers sont sur-payés pour, entre autres, trouver des moyens de contourner les lois et les autorités de régulation. En face, des fonctionnaires beaucoup moins bien rémunérés, donc peut-être moins qualifiés et moins motivés. Le résultat, on le connaît.

"Chez nous, à Singapour, nous payons TRES BIEN nos fonctionnaires, notamment ceux qui travaillent pour la banque centrale, le Trésor ou l'administration" (chargée de surveiller les établissements financiers). Chez vous, en revanche, aux Etats-Unis, Mary Schapiro, qui va diriger la SEC, va toucher 162 000 $ par an , et le ministre du Trésor, Timothy Geithner, 191 300 $.
A peu près ce que gagnaient des gamins de moins de trente ans à Wall Street pendant la bulle financière.
Pourquoi ne pas essayer? Les risques sont nuls. Car, après tout, la SEC ou l'AMF française ne peuvent pas "travailler" plus mal qu'elles ne l'ont fait pendant toutes ces années où elles ont laissé imperturbablement notre système bancaire et financier courir au désastre. Avec une facture qui dépassera les mille milliards de dollars, sinon plusieurs milliards, que le contribuable devra sortir de sa poche pour réparer - si on y arrive - les dégâts causés par les banques et autres "hedge funds".
Alors, dépenser quelques centaines de millions pour intéresser les régulateurs aux résultats de leurs contrôles et autres vérifications, et donc prévenir des catastrophes comme les subprimes et autres Madoff, c'est peut-être une excellente idée.