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Nouvel article lundi dans le journal de la Saône et Loire (visible sur le site Internet http://www.lejsl.com/)

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Sans savoir, des petits porteurs se sont retrouvés en bourse

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Sicav, fonds communs de placement, assurances vie mais aussi Natixis ou Doublo… Autant de produits financiers vendus par les banques et avec lesquels des millions de petits porteurs ont vu leur capital investi en bourse s'amenuiser comme peau de chagrin. Un scandale que dénonce Thierry Ottaviani.
Le marché financier est plongé dans une tempête qui semble sans fin. Les pertes des gros investisseurs s'affichent dans les médias par centaine de millions d'euros. Mais dans la plus grande discrétion, le marasme atteint les petits porteurs, ces Messieurs tout le monde, qui perdent de l'argent sur le marché boursier. Ce phénomène est banalisé selon Thierry Ottaviani, président de l'association nationale « SOS Petits Porteurs », parce que les sommes engagées peuvent paraître dérisoires. Pourtant il concernerait 11 millions de Français. C'est ce qu'il avance dans son ouvrage (qui sortira le 26 mars) intitulé « Comment la bourse a piégé 11 millions de Français ». Il y désigne clairement les responsables : les banques par lesquelles les petits épargnants, « complètement néophytes se sont laissés bernés par des produits financiers sans savoir qu'ils misaient en bourse ». Vendredi après-midi, M. Ottaviani présentait à Digoin son enquête menée pour mieux comprendre comment autant de personnes ont pu se retrouver en bourse… sans le savoir.

33 % de l'épargne populaire investie en bourse;

Loin d'avoir le profil du véritable boursicoteur, ces personnes sont souvent des retraités, des néophytes arrivés tardivement sur le marché de la finance qui ont confié leur argent à des sociétés dont c'est le travail. Au début du XXIe siècle, l'effondrement des valeurs technologiques en bourse (la bulle Internet) provoque le retrait des principaux actionnaires méfiants. « Comme beaucoup de monde risquait leur emploi, on a vu l'entrée massive des petits épargnants par le biais de produits financiers. Pour alimenter le marché bousier, l'épargne populaire a été captée. » Un tiers du patrimoine financier des petits épargnants est investi en bourse : «c'est énorme » lance M. Ottaviani citant le boom en 2000 des assurances vie en unité de compte qui sont finalement des produits financiers. « Alors que ces placements devaient permettre de se protéger des aléas de la vie, beaucoup de souscripteurs ont tout perdu. »

Pire qu'Eurotunnel : Natixis;

Selon M. Ottaviani, tout a été fait pour encourager les petits épargnants à aller en bourse en proposant des actions à risque telles que France Telecom, Alstom, Alcatel… qui sont toutes descendues. « L'action Natixis « produit maison » des banques populaires et des caisses d'épargne est un exemple parmi d'autres. 1,5 million de petits porteurs (le double d'Eurotunnel) en a acheté à 19 €, et cette action vaut aujourd'hui moins d'1 €, poursuit Thierry Ottaviani. C'est un scandale pire qu'Eurotunnel par le nombre d'actionnaires touchés en moins de deux ans ». Il cite également le produit financier Doublo de la Caisse d'Épargne « censé doubler la mise, il a été un flop. Même si le capital était garanti, ce n'est pas pour autant que les actionnaires n'ont pas perdu de l'argent (frais de gestion…) ».
La faute en reviendrait au défaut de conseil mais aussi à la collusion des intérêts. « Les vendeurs sont les banquiers qui ont minimisé les risques, voire parfois les ont cachés comme pour les assurances vie (placement favori des Français 40 %), des PEA, des Sicav… autant de placements à haut risque totalement dissimulé aux contracteurs. » La collusion des intérêts est avancée pour expliquer ce phénomène : conflit entre l'intérêt du client et celui de la banque. « Les conseillers financiers induisent les personnes en erreur vers des produits à risque qui sont souvent fabriqués par la banque elle-même. On a menti à ces gens. C'est choquant d'un point de vue de la morale. Sous la pression de leur hiérarchie (rappelons les cas récents de suicide de salariés de banque N.D.L.R.), combien de banquiers ont vendu massivement de tels produits financiers dans l'intérêt de leur carrière ou de bénéficier de prime. »
Au quotidien, Thierry Ottaviani à travers « SOS petits porteurs » se bat pour rendre justice à ses petits porteurs floués. Mais aujourd'hui, l'image des banques est tellement égratignée que l'intervention de l'association est d'autant plus complexe « les banques ne craignent plus d'être citée dans ce lot de scandales, il faudra attendre après la crise… » si un après revient.
Jeannette Monarchi

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