Rappelons qu’en 2006, près de 2,8 millions de souscripteurs ont acheté les titres de cette banque d’investissement à 19,55 euros, au moment de son introduction en Bourse. La chute de la valeur Natixis, a été une des plus fortes baisses du CAC 40 : environ 85% de perte si on prend comme référence le cours actuel. Les petits porteurs de Natixis ont aujourd’hui de bonnes raisons d’être en colère. Nous ne reviendrons pas là-dessus, des enquêtes et des procédures étant actuellement en cours…

Bien que cette chute fulgurante des titres Natixis ait touché des millions d’actionnaires, ils n’étaient pourtant pas très nombreux à s’être déplacés pour l’assemblée générale. Certes, la date avait été bien choisie : la veille du 1er mai, en plein départ en vacances. Certains actionnaires se sont également plaints de ne pas avoir reçu l’attestation de participation pour l’assemblée…

La centaine de petits actionnaires qui a fait l’effort de venir était cependant bien remontée contre la direction de la banque. L’assemblée, quoique sous très haute surveillance, a été très houleuse et fut l’occasion, pour ceux qui avaient perdu leurs économies dans Natixis, de se défouler. Mais, à part cela, quel en était l’intérêt ? Environ une dizaine de personnes seulement a été autorisée à poser des questions auxquelles les dirigeants ont répondu par la langue de bois.

Ces derniers ne tentaient même pas de convaincre des actionnaires qui de toute manière ne cherchaient même pas à les entendre. Ambiance surréaliste où une minorité de personnes, majoritaire en voix, adoptait les résolutions, les unes après les autres, sous les huées et les sifflets d’une foule de personnes impuissantes.

La seule voix qu’avaient les petits porteurs ce jour là, était leur cri de détresse. Ainsi cette femme gravement malade qui prit la parole pour expliquer ses difficultés financières depuis qu’elle avait placé une grande partie de ses économies sur Natixis. Rare moment de sincérité au milieu de toute cette farce.

Espérons que les prochaines assemblées nous donneront un autre spectacle que cette pantalonnade à laquelle nous avons assisté.

Thierry Ottaviani
Président de SOS Petits Porteurs