Par SOS Petits Porteurs,
vendredi 19 juin 2009 à 12:01 ::Médias
Article du journal "Les Echos" du 19/06/09:
« Nous cherchons à regrouper des gens qui ont des profils différents », dit Christophe Tricaud, entrepreneur et victime du courtier. Il y a un mois, il a monté l'Association des victimes de la fraude Madoff. « L'idée est d'aider nos membres à mener des attaques juridiques et de faire pression sur les pouvoirs publics », précise le président, qui souligne que les investisseurs ont peur de se fâcher avec leurs banquiers et leurs gérants.
Pour le moment, l'association compte une dizaine de membres. Avant elle, dès le début de l'affaire, fin 2008, des petits épargnants touchés par l'affaire se sont tournés vers SOS Petits Porteurs. Mais le mouvement s'est essoufflé. « Il y avait très peu de transparence sur le dossier. Les intermédiaires n'ont pas voulu faire de geste, car ils attendaient d'obtenir des résultats de leurs procédures contre UBS, regrette Thierry Ottaviani, président de SOS Petits Porteurs. On aurait pu mieux négocier si la couverture médiatique avait été plus importante ».
Par SOS Petits Porteurs,
mercredi 17 juin 2009 à 23:34 ::Médias
PARIS - En lançant mercredi un emprunt obligataire réservé aux particuliers, EDF remet sur le devant de la scène un produit d'épargne tombé en désuétude, séduisant, mais pas forcément des plus rémunérateurs, de l'avis des associations d'épargnants.
L'opération va permettre aux ménages de souscrire des obligations d'un montant de 1.000 euros, rémunérées au taux de 4,5% par an pendant 5 ans.
En souscrivant une obligation EDF, un épargnant recevra donc 45 euros par an d'intérêt, puis se verra rembourser ses 1.000 euros au bout de 5 ans.
Les entreprises françaises avaient délaissé ce genre d'opération depuis une quinzaine d'années. Chez EDF, la dernière opération de ce type remontait à 1991. Elle était alors destinée à financer la construction du parc nucléaire français.
"Si les épargnants (nous) font confiance, je pense que nous aurons recours à nouveau régulièrement à ce type de financement", qui pourrait intervenir tous les deux ans, "ou même tous les ans", a expliqué le patron d'EDF, Pierre Gadonneix.
Dans les années 1980, EDF en réalisait deux par an: "l'emprunt de printemps" et "l'emprunt d'automne".
Cet été, EDF espère lever au moins un milliard d'euros, grâce notamment à une intense campagne de publicité.
"Le démarrage est excellent avec beaucoup de demandes spontanées" des clients, assure Nicolas Draux, responsable animation commerciale réseau France, chez BNP Paribas. "EDF, c'est un nom qui parle positivement aux Français".
L'opération sera "largement souscrite", pronostique même Didier Cornardeau, président de l'Association des petits porteurs actifs (Appac) car "les emprunts obligataires sont toujours un grand succès".
Pour M. Cornardeau, ce type d'emprunt va permettre aux petits épargnants ayant fui les actions de diversifier leur portefeuille en achetant un produit à taux garanti.
"Ce n'est pas l'affaire du siècle. Il ne faut pas mentir aux gens", met toutefois en garde Thierry Ottaviani, de l'association SOS Petits Porteurs.
Si on tient compte d'un taux d'imposition de l'ordre de 30%, le taux de rendement de l'obligation EDF tombe en effet à 3% seulement.
C'est plus que le Livret A (1,75% sans impôt), mais moins que certains produits d'assurance-vie qui peuvent rapporter 4% net d'impôts au bout de huit ans.
En outre, "le problème, c'est que le capital est bloqué pendant 5 ans et qu'on ne sait pas vers où va aller l'inflation d'ici-là", remarque M. Cornardeau.
Si la hausse des prix dépasse le taux de l'obligation, la rémunération pourrait partir en fumée, prévient-il.
Selon le président de l'Appac, ce produit restera en fait réservé à un public limité: des cadres supérieurs ou des retraités pouvant se permettre d'immobiliser un patrimoine important pendant plusieurs années.
Un épargnant ayant besoin d'argent avant l'expiration de l'obligation pourrait en effet être obligé de la revendre sur le marché à un prix inférieur à celui auquel il l'a achetée, et perdre ainsi une partie du capital investi.
"Il faut être très prudent. Les obligations ont la réputation d'être des produits sûrs. Mais tout produit financier présente un risque, y compris les obligations", souligne M. Ottaviani.
Avec EDF, ce risque est certes limité. L'électricien est détenu à 85% par l'Etat et bénéficie à ce titre d'une des meilleures notations financières possibles, malgré un fort endettement (24,5 milliards d'euros).
Il bénéficie en outre de rentrées d'argent récurrentes liées à sa situation de quasi-monopole dans la fourniture d'électricité en France.