Commentaire assez acide du "New York Times", publié en supplément du "Monde" daté du 21 janvier. Les conseillers et autres hauts responsables de l'économie nommés par Barack Obama n'inspirent pas une confiance sans limites.
Mary Schapiro, pressentie pour diriger la SEC, Securities and Exchange Commission, l'équivalent - en encore moins efficace - que notre AMF, s'est surtout illustrée par ses préférences pour l'"auto-régulation" des établissements financiers. Faire confiance à leurs dirigeants pour éviter les excès. Exactement le contraire de ce qu'il faut, surtout dans la situation actuelle.
Gary Gensler va diriger l'organisme chargé de surveiller le secteur des "futures", la Commodity Futures Trading Commission, ou CFTC. Or, à l'époque où il travaillait pour le président Clinton, il a mis au point la réforme législative qui a permis aux produits dérivés d'échapper au contrôle de la CFTC. Il est vrai qu'il avait précédemment été employé par Goldman Sachs pour spéculer sur les "commodities". The "wrong man in the wrong place"?
Quant au ministre du Trésor, donc de l'économie et des finances, Timothy Geithner, difficile d'oublier qu'il a dirigé la Banque fédérale de New-York à partir de novembre 2003, c'est-à-dire la banque fédérale la plus concernée par les excès de Wall Street pendant la période où ces excès ont lentement et sûrement conduit la finance américaine et mondiale au désastre.
Evidemment, on peut toujours dire que les alcooliques repentis sont les plus grands pourfendeurs de l'alcool, et que la France a eu autrefois un chef de la police qui était un ancien bandit. Mais, franchement, est-on sûr que ces mesdames-messieurs Schapiro, Gensler et Geithner sont vraiment des repentis?